Promenades

L’enfance et le maintenant

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C’est un peu particulier, ces derniers jours, entre les emballages qui traînent, les plumes sous le poêle, les tasses de thés qui disent qu’on se verra bientôt et la solitude neuve, mes mains encore bien poisseuses de vanille. Ces photos prises avant et après, toutes mélangées, parce que je ne savais pas quoi faire exactement et que ça me semblait encore le mieux, de documenter cette vallée immense qui m’a vue grandir et que je retrouve parfois avec la même perplexité.

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C’est grand, la vallée. On vient de loin pour la voir, la parcourir et tout le monde l’aime beaucoup. Ironiquement, quand j’étais petite, j’avais beaucoup de mal à sortir de la maison de mes parents et je n’ai pourtant pas le souvenir d’avoir fait une promenade seule, terrorisée par les menaces des bois, sinistrement tangibles ou surnaturelles. Je n’ai commencé à m’aventurer dehors qu’après mes dix-huit ans, toujours à pied, cherchant dans les hauteurs un peu de ce calme, espérant le garder pour m’en faire des infusions, une cure et un remède durable. Toujours l’hiver.

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Lorsque je vois la vallée et m’en souviens, c’est toujours l’hiver, avec son froid, son absence de neige, ses matins bleus et inexplicablement, les chants de Noël, les punitions et les rédactions du CM1. C’est invariable, et j’ai du mal à avoir d’autres impressions. Ces impressions sont presque douces, alors que je sais très bien à quel point mes souvenirs d’enfance sont durs et coupants.

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Ça fait toujours drôle, de se promener par ici. À vrai dire, je n’ose m’aventurer que dans certaines parties de la vallée, le plus haut et le plus loin possible des habitations, aussi étonnant que cela puisse paraître. J’ai du mal à descendre et me rapprocher du lycée, en dépit de mon envie d’aller documenter ces lieux-là aussi. Il est pourtant bien improbable d’y croiser des personnes que j’aurais connue il y a de cela cinq, six ans; et lorsque cela arrive, il est encore moins possible que ces personnes puissent me reconnaître. Pourtant, dans ces moments-là, j’ai le cœur qui se serre un peu et je fais semblant de ne pas être d’ici, en les regardant en coin parce que je suis curieuse de les voir quand même. Et je sais, j’espère qu’ils ne m’ont pas vue.

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Alors voilà, la meilleure façon de tromper la solitude après ces jolies fêtes un peu trop douces, c’était d’aller voir ce drôle de lieu qui m’était à la fois familier et étranger, avant de retourner dans la ville natale et la place que cette fois, j’y ai pour de bon.

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PS: on se retrouve avant la fin de l’année pour un petit article bilan.

Promenades

Entre deux terres, la mer

 

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Aussi étrange (et idiot) que cela puisse sembler, je n’ai jamais pensé à vous proposer autre chose que des fragments de ce que je prenais en photo, sélectionnant et éliminant des photos parce qu’elles surchargeraient un article, mais regrettant de ne pas vous en montrer plus. Pourtant, c’est une pratique que j’affectionne et qui, si je n’étais pas aussi timorée et incertaine, prendrait bien plus d’ampleur dans mon quotidien qu’aujourd’hui.

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Alors, qu’est ce qui a (un peu) changé? Un sursaut de motivation pour utiliser Instagram, le mettre à jour quotidiennement et essayer de lui donner une certaine unité graphique (le début de mon flux est…Dégueulasse en termes de couleurs, rien à dire), et du coup une pratique de la photographie avec le téléphone, outil que je ne savais pas du tout utiliser dans cet objectif. Des essais. Des problèmes à résoudre: comment prendre en photo tel objet sans plancher antique et authentique comme fond? Que faire avec des photos vues et revues de tel paysage? C’était amusant, stimulant, pas du tout prise de tête comme quand je ne photographiais que des recettes ou errait dans mon jardin à 14 ans à la recherche de macros à faire.

Et puis surtout, j’ai arrêté de gamberger au sujet du traitement que mes photos devraient ne pas avoir. Je vous le donne en mille, grâce aux filtres VSCO et ces traitements express sur smartphone, qui m’ont fait regarder des photos d’artistes que j’admire avec un œil neuf, brusquement dessillé. J’ai toujours eu un complexe du traitement photo, me contentant le plus souvent d’une très légère retouche avec les courbes de contraste, de peur de « tricher » si j’en faisais davantage, et me sentant un peu nulle de ne pas obtenir les résultats fabuleux de photographes qui semblaient magiquement obtenir la grâce simplement sur le terrain, avec leur appareil.
Ce qui est quand même vraiment dommage quand on adore le traitement photo et qu’on patouille sur Photoshop avec plaisir depuis ses 12 ans pour faire tout et (surtout) n’importe quoi. Et que la seule idée d’aller sur Photoshop titille la créativité. Certaines photos se suffisent, sans besoin de rien d’autre. D’autres sont un peu remaniées: aucune formule magique, aucun filtre, mais un accord délicat à chercher, jusqu’à ce qu’il s’impose enfin.

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Alors voilà: c’est totalement hétéroclite, random même, des tests, des formats différents, des couleurs qui n’ont rien à voir, des jours et des lumières dans le désordre le plus complet, des recherches, ce qui a attiré mon attention, ce que j’ai voulu voir et vois réellement.

Et vous emmener, l’espace de quelques photos, dans le bassin d’Arcachon.

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