Non classé

Entre deux feux – Pomme et basse-côte de discorde

  Après un temps de latence, voici un nouvel article faisant partie de ma série de réflexions sur le véganisme. J’avais tout d’abord l’intention de poursuivre et clôturer celle-ci par un article sur le véganisme et l’éthique animale, mais cela me semble insuffisant. Je sais pertinemment que ce dernier volet, la première raison pour les véganes de renoncer à tout produit d’origine animale, sèmera la zizanie et achèvera de renforcer les clivages entre véganes, végétaliens, végétariens et omnivores s’il est publié tel quel, indépendamment du ton adopté.

  Un comble, alors que cette série se veut inclusive et fédératrice! Mais l’argument du respect de l’éthique animale comme fondement du véganisme divise: si des exposés sur la santé et l’impact environnemental d’un régime sans produits animaux sont susceptibles de trouver un interlocuteur réceptif, intégrer l’animal dans l’équation bouleverse soudainement le jeu. Voilà les cartes rebattues, le locuteur et ses précédents arguments discrédités, et un auditoire qui ne souhaite plus écouter.  Il convient alors de s’intéresser aux interactions entre véganes, végétariens et omnivores. Il s’agit de proposer une analyse des tensions qui surgissent et grèvent presque invariablement toute discussion sur la consommation (ou son refus) de produits animaux, en vue d’établir une meilleure compréhension et de redéfinir un véganisme interprété comme extrémisme et intolérance. Ces tensions s’articulent autour de deux points principaux: la perception du véganisme (incarnée dans la figure d’un certain végane) chez les non-véganes, et, en exact miroir, le vécu et ses conséquences dans la vie sociale d’un tenant du véganisme.
  Note: cette réflexion et les anecdotes s’y trouvant sont directement inspirées par les expériences négatives que j’ai pu faire, en tant que végane mais aussi lorsque je ne l’étais pas encore. Les pensées prêtées aux non-véganes ont été les miennes pendant longtemps, mais si vous souhaitez en avoir un plus large aperçu, je vous conseille de chercher des articles de journaux grand public traitant de la question et de vous attarder dans la section des commentaires.

vegsoci1

  • Figure marginale

  Avant tout, il convient de rappeler que le véganisme, contrairement aux différentes formes de végétarisme, n’est pas un régime alimentaire. Il s’agit d’un acte idéologique mais aussi, du fait d’un monde par défaut omnivore, politique, qui se fonde sur une seule idée: le refus de l’exploitation animale dans son mode de vie. De cette posture découlent non seulement des habitudes, mais aussi toute une contre-culture et une communauté par défaut militante. Il est difficile de ne pas l’apercevoir, a fortiori si l’on est actif sur internet: nombreux sont ceux qui en effet, désignent souvent, si ce n’est systématiquement, leur mode de vie comme « sans cruauté« , « sans violence« , etc. Il est également possible de croiser des dessinateurs et leurs travaux peu flatteurs envers les omnivores et détracteurs du véganisme: Insolente Veggie, Vegan Skool, Vegan Sidekick ne peuvent laisser personne indifférent. Enfin, quittant les sphères virtuelles, il est possible de croiser au cours d’un repas un ami qui serait devenu végane, d’entendre parler d’une connaissance qui le serait. Cette confrontation de près ou de loin au végane (désigné comme tel ou sous le terme générique de végétarien) est comparable à celle qui résulte de la rencontre avec un pays, une culture ou une personne étrangère. Devant eux,  nous sommes contraints par réflexe d’opérer un retour sur nous-mêmes et de remettre en question ce qui détermine notre mode de vie: éducation, valeurs et choix. Dans cette perspective, le retour sur soi suite à une confrontation avec le véganisme est très désagréable. Nul besoin de parler: par sa seule présence à une tablée, le végane est l’accusateur, le moralisateur et l’empêcheur de tourner en rond. Inutile de crier « viande=meurtre » ou « lait=souffrance » pour exaspérer: tout non végane entend ces célèbres slogans (accusateurs) de lui-même. Le rapport avec la nourriture et le fait de se nourrir étant fondamental et touchant à l’intimité, la réponse à cette accusation est de façon compréhensible vive, parfois même brutale.

  Néanmoins, s’il est globalement mal vu de se moquer et de mépriser la culture étrangère, pour désagréables que puissent être les questions que leur découverte puissent soulever en nous, railler le véganisme et ses représentants est en revanche consensuel et socialement admis. Le cliché joue ici à plein: surgit l’image du défenseur d’animaux mièvre et misanthrope, que l’on se plaît à imaginer un peu idiot et déconnecté des réalités pour discréditer davantage cet autre bien irritant. Une attitude se reflétant parfois dans une réalité linguistique: en grec moderne, le terme traduisant végétarien est χορτοφάγος (chor-to-pha-gos, avec un « ch » dur comme dans « achtung« ) soit littéralement, le mangeur d’herbe. Le terme est un bon résumé de l’imaginaire collectif: le végane est un gentil hippie qui, la fleur à la crinière et au fusil, tout en câlinant les arbres, mange de l’herbe en compagnie de ses amis les animaux…En somme, une personne qui manque de sérieux. Paradoxalement, si le véganisme est souvent présenté sous la forme d’une fantaisie personnelle, il se mue rapidement en quelque chose de menaçant: les piques à destination du végane s’en tiennent rarement à la boutade bon enfant. Fusent les accusations -cette fois sérieuses- d’extrémisme, d’influence d’une secte quelconque, d’idiotie, et la discussion tourne au pugilat. Toute défense ou réplique venimeuse de la part de l’intéressé n’est plus considérée comme défense légitime, mais preuve que le végane n’est pas un interlocuteur avec lequel on ne peut pas discuter.

  Par ailleurs, une personne végane se voit globalement refuser son droit à l’erreur: un rhume hivernal démontrera que son alimentation est inappropriée, un gâteau malencontreusement raté sera la démonstration qu’il est impossible de faire de la pâtisserie sans oeufs, ni lait, ni beurre (et non que la personne est une bille en cuisine), et le peu d’enthousiasme devant une énième joute oratoire ou raillerie sur le sujet interprété comme un refus de discussion, du sectarisme. En somme, le jugement est déjà expédié et l’issue de la discussion déjà connue. Dans cette perspective, la question animale devient un prétexte pour sonder la vertu de l’importun. Tout est alors passé au peigne fin: portable, consommation électrique, vêtements non-éthiques, mode de déplacement, engagement humanitaire, etc., en vue de trouver une faille, de démontrer qu’il existe une hiérarchie des préoccupations et que la cause animale se positionne mal dans celle-ci…Et qu’en conséquence, un végane se trompe d’engagement et de voie. Voilà qu’à nouveau, la preuve est faite du manque de sérieux de sa cause et de sa personne: la balance est à nouveau équilibrée et il n’y a plus à se soucier de prouver le bien-fondé de son mode de vie.

  Le véganisme, outre son caractère marginal, remet ainsi en cause tout un mode de vie en le déclarant comme illégitime et immoral. L’enjeu est important, puisqu’il s’agit d’un acte fondamental et effectué depuis des années qui se voit brutalement qualifié de mauvais, non-éthique: à moins de faire preuve de cynisme (sincère ou feint), tout le monde a alors bien quelque chose à perdre dans une discussion autour de la consommation de produits animaux. Il s’agit de démontrer que son mode de vie, quel qu’il soit, n’est pas mauvais, et c’est autour de cet enjeu que les tensions se nouent. Néanmoins, il faut examiner le point de vue d’une personne végane pour mettre en lumière de façon plus complète le caractère explosif des débats sur la cause animale.

vegsoci2

• La perspective du granivore

  Au cours de ces discussions, il arrive qu’à force de se voir qualifier de « moutons de gourou » ou essuyer des plaisanteries sur les « petits piou-piou qui font cot-cot sur le barbecue« , un végane s’emporte. Comme établi plus haut, contrairement à un non-végane, il n’a pas de légitimité dans son irritation. Ses réflexions incidentes, certes peu plaisantes à entendre, sont mal accueillies. Cependant, il convient d’examiner les raisons qui poussent un végane à s’irriter ou laisser échapper une remarque. Pour ce faire, il faut s’intéresser aux ressentis d’une personne ayant décidé de refuser l’exploitation animale dans son mode de vie après s’être renseignée sur la réalité de la production de produits issus d’animaux, et de l’assumer auprès de ses proches. Vêtements et accessoires en cuir, laine, fourrure, viande, lait, fromage, oeufs, pâtisseries, zoos, cirques, parcs d’attraction, cosmétiques, élevages d’animaux de compagnie: ce bref tour d’horizon non exhaustif vise à montrer que l’animal est dans notre monde un bien de consommation abondamment utilisé. À l’origine de ces produits ne se trouvent pas seulement des petites mains exploitées ou des ressources naturelles polluées: elles impliquent pour les animaux une existence marquée par la violence et la souffrance, ainsi qu’une mise à mort non moins violente et indéfendable (je reviendrai de façon détaillée sur ce point dans les articles suivants sur le sujet). Au quotidien, cela signifie être confronté en permanence à une consommation renvoyant à des données et des images insupportables. Aussi des proches racontant par le menu les produits carnés dont ils se délectent ou l’achat d’un blouson de cuir peuvent susciter une irritation prévisible. À ce manque de délicatesse s’ajoutent les moqueries que j’ai mentionnées plus haut, rendant les discussions malaisées et les débordements plus que probables, entre le désir de ne pas se fâcher avec l’assistance et l’envie parfois très forte de prendre pour une fois le droit de s’énerver et de donner une réponse acerbe.

  Outre les omnivores, la sphère non-végane comprend aussi les végétariens et végétaliens. Malheureusement, les interactions entre ces derniers et les véganes ne sont pas non plus exemptes de tension. Il n’est pas rare que certains véganes formulent des attaques à l’encontre des végétariens, critiquant ce qu’ils considèrent comme une hypocrisie, parfois avec une férocité et un mépris déroutants, et toujours avec une condescendance déplacée. Une situation étonnante, alors que beaucoup partagent des opinions communes et que personne n’a intérêt à se disputer à ce sujet. Il est possible de proposer une explication, qui n’a pas vocation à excuser les reproches intempestifs et injustifiés envers végétariens non-véganes partisans de la cause animale: l’incompréhension face à quelqu’un qui semble informé de la réalité de l’industrie (laitière, du cuir, peu importe), et qui serait un végane potentiel à qui il faudrait donner un coup de pouce. Cela semble d’autant plus vrai que l’interlocuteur est a priori plus réceptif, moins enclin à réfuter en bloc une tentative de convaincre qu’un végane n’oserait pas forcément faire de front avec un omnivore. Une pensée et une intention qui peuvent être très bienveillantes…Comme parfois gratuitement accusatrices. Ainsi, les militants de la cause animale se retrouvent parfois victimes d’un effet d’entre deux chez les véganes.

  Le militantisme inhérent au véganisme pose en effet un problème: il implique qu’une personne végane se trouve toujours entre deux feux. La nécessité et l’urgence de convaincre ceux qui lui sont proches ou moins proches le conduisent ainsi à argumenter, débattre…Tout en s’efforçant de le faire dans la sérénité, car il n’a aucun intérêt à s’emporter: braquer son interlocuteur et donner l’impression d’être agressif et sectaire revient en effet à échouer dans l’objectif qu’il se donne, c’est-à-dire contribuer à la disparition de l’exploitation animale. Comme dans tout mouvement porté par une idée, il est possible de rencontrer différents véganes: ceux qui ne disent rien, ceux qui sont ouvertement et en permanence agressifs, et la plus grande majorité, ceux qui se trouvent dans cet entre-deux. Je me permets alors de laisser de côté l’exposé général et de vous faire part de mon point de vue, en tant que végane se reconnaissant dans cette dernière catégorie. Je réprouve l’agressivité, l’emportement, les accusations envers les non-véganes, ainsi que les débats violents: ils sont inutiles et n’ont de résultat que l’amertume de toutes les parties. En outre, avant de dévenir végane, je me souviens très bien des réactions de rejet que j’ai pu avoir devant certains articles, sites ou commentaires chargés de mépris: j’ai toujours eu la faiblesse d’être quelqu’un à qui il faut parler gentiment, avec patience et sans dédain, pour avoir envie de m’intéresser et d’explorer le sujet par moi-même. L’impulsion et la décision finale resteront d’après moi, dans la situation actuelle, une démarche entièrement personnelle; aussi ai-je une préférence marquée pour le partage et la promotion d’une cuisine entièrement végétale auprès de mes proches, plus à même de susciter la curiosité (cette posture ne fait pas l’unanimité et me vaudra sans doute d’être qualifiée d’angéliste, mais les happenings et les tribunes ne sont pas mon terrain de prédilection: voilà pourquoi j’ai choisi de vivre mon militantisme de cette manière, où je suis plus efficace). Pour autant, face à une énième critique, plaisanterie condescendante ou accusation malveillante, ou un jour où le moral est en berne, il peut arriver que je fasse preuve de moins de bienveillance (parfois injustement, certes) et me livre à ce que je condamne…En le regrettant par la suite.

vegsoci3

• Conclusion 

  Il me semblait important de mettre en lumière les différents points de tension et de fournir une explication à cette division que provoque immanquablement la question animale sitôt qu’on parle de végétarisme. Pour autant, au même titre que les omnivores ne sont pas une incarnation du mal, le véganisme n’est pas un extrémisme. Une meilleure compréhension des différents points de vue et réactions est en effet cruciale pour entretenir des discussions et interactions constructives, positives et fondées sur une bienveillance envers son interlocuteur, ainsi qu’une véritable écoute.
  Cette analyse se propose donc comme introduction pour permettre, en désamorçant d’éventuelles tensions et permettant une compréhension saine de celles-ci, une meilleure circulation des informations et réflexions sur l’éthique animale proprement dite que je vous proposerai dans les articles suivants. 

Comment se déroulent les discussions traitant de l’éthique animale auxquelles vous participez? Quel est votre ressenti vis-à-vis de l’exposé présenté ici, et quelle est votre conception ou perception du véganisme?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

8 réflexions au sujet de « Entre deux feux – Pomme et basse-côte de discorde »

  1. Je pense bien que chez moi, il y a une « trêve’ tacite avec ma famille autour de cela. Seul mon père s’est intéressé (et s’intéresse toujours) à cela. Mon frère et ma mère, je n’insiste pas, et eux non plus.
    Pourtant, je reste assez stupéfaite devant leurs comportements: ils adorent les animaux, sont anti-chasse mais pourtant consomme du gibier et ne portent pas attention à la provenance de l’animal mangé (à défaut de ne pas en manger, autant maximiser le bien-être). Ma foi, je dis cela mais je n’ai pas forcément de légitimité en tant que végétarienne ^^

    J'aime

    1. Ah, j’ai du mal avec la notion de légitimité…C’est une qualité extrêmement versatile dont on peut déposséder n’importe qui sous n’importe quel prétexte malheureusement, quel que soit les efforts que l’on puisse faire. Je pense qu’à partir du moment où un végétarien est au courant de la situation, l’ingérence du végane doit s’arrêter là. Manger n’est pas forcément un acte avec lequel on est en paix, qui est facile à gérer au quotidien, et il convient de respecter aussi ce vécu et les difficultés qui peuvent y être associées, visibles ou non.
      Tu as plutôt de la chance en ce qui concerne ta famille, c’est le cercle des proches où les affrontements sont les plus marqués pour ma part (et pourtant, je n’aborde guère le sujet de moi-même). Je comprends ta perplexité devant ces dissociations très surprenantes, je retrouve un peu les mêmes dans ma famille, et finalement, chez beaucoup d’autres proches. Malheureusement on est aussi face au problème du modèle de consommation tel qu’il est aujourd’hui, où la viande n’est plus vraiment en lien avec l’animal: les rayons boucherie, charcuterie et poissonnerie ne présentent finalement que des abstractions. Ce n’est pas pour rien que les morceaux reconnaissables dans l’anatomie provoquent souvent bien plus de dégoût, puisqu’on sort un peu de l’abstraction. Il est plus facile d’oublier l’animal, du coup…

      Aimé par 2 people

  2. wouahhh !!! comme tu parles bien 😉
    depuis le temps que je dis que le véganisme ou le végétalisme passera par la « bouffe » 😀
    je ne milite pas (j’i passé l’âge de me prendre la tête même si parfois je bouillonne ….)
    je fais les plats, je fais goûter !!! ça interroge, interpelle et, ma foi, mine de rien « on » se pose des questions
    comme je dis toujours, petit à petit l’oiseau fait son nid :p
    j’ai un groupe sur fb, où il y a de tout!! on ne parle que de nourriture, partage de recettes, même les omnis ont leur place!! si, si !!
    et là aussi, on en voit plusieurs ( + 2 000 membres quand même!!) qui, mine de rien « virent » végétariens !
    il faut laisser du temps au temps et avancer chacun à son rythme !
    merci pour ce billet plein de bienveillance !!
    des bisous :*

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi Résé! Nous sommes donc d’accord et propagerons donc toutes deux tous nos plats et (on l’espère très fort) l’envie de se mettre aux fourneaux. En dépit des moments un peu difficiles où comme tu le dis, on bouillonne! Mais l’orage se dissipe bien vite, et d’autant plus dans les arômes d’un bon gâteau 😉
      Les groupes sur FB peuvent très sympathiques, et une initiative comme du groupe que tu décris m’intéresse d’ailleurs. Ca me rappelle une expérience malheureuse: fraîchement végane, j’ai adhéré à un groupe facebook…Que j’ai quitté deux jours plus tard, accablée par les messages de haine et d’insultes qui constituaient la base de son fonctionnement et me démoralisaient.
      Bises à toi aussi!

      Aimé par 1 personne

      1. ohlàlàlààà ne m’en parle pas !!! j’ai failli d’ailleurs tout abandonner en me demandant bien qui pouvaient être tous ces gens (r)emplis de tant de haine …….
        sans Antigone et qques autres, j’aurais baissé les bras je t’assure !!!
        et je suis tombée sur ce groupe (youhou !!) et du coup, j’en suis devenue modératrice et je tiens les rênes du mieux que je peux, aidée de ma comparse !!
        et si tu veux tout savoir, nous organisons des pique-niques (euh …ne rêve pas trop là!!! Au départ, effectivement, ça devait en être un, qui s’est transformé en repas chez ladite comparse, nous étions 4 …… et à la fin du mois nous serons au moins 12 à la maison !!)
        le ventre, c’est la vie (avec le gras (le bon )) 😀 😀
        ps : je ne sais pas si tu es sur fb … mais jet’invite à nous rejoindre !!! 😉

        J'aime

  3. Pour ma part, comme on en a beaucoup parlé déjà, souvent les veganes m’agressent. Mon mode de vie, mon métier, ne leur conviennent pas…

    En tout cas, article super intéressant, j’ai peu de temps, je commenterai plus avant plus tard !

    J'aime

    1. Ces expériences sont vraiment regrettables…Même si on ne peut approuver, une discussion exige un minimum de civilité lorsqu’on se trouve face à quelqu’un qui n’est pas dans l’agression mais dans la réflexion, ce qui est ton cas.
      J’attends avec impatience la suite de ton commentaire du coup 🙂

      J'aime

  4. Je reviens, étoffer un peu ma réaction.
    Tu parles de violence et non-violence ; que les veganes se désignent comme ayant un mode de vie non violent.
    Au contraire, la grande majorité des vegans que j’ai pu croiser sur le web avaient une attitude particulièrement violente et agressive envers moi.
    Que ce soie des jugements de valeur totalement arbitraires (ils ne me connaissent ni d’Eve ni d’Adam), des accusations de meurtre, d’insensibilité etc (il y a moins d’un mois, un vegan belge pur citadin et sans aucune empathie pour ses semblables – mon Viking l’a croisé en festival et m’a raconté qu’il covoiturait avec deux ou trois autres, à la fin du festival il s’est mis à pleuvoir façon déluge durable, et ce charmant jeune homme s’est ENFERMÉ dans sa voiture à l’abri, refusant de laisser monter les autres au prétexte qu’ils allaient la salir. Il les a laissés sous la flotte pendant plus de trois heures… M’a plus ou moins traitée de menteuse parce qu’il ne conçoit pas qu’on aime les animaux et puisse les manger)…
    Alors que pour ma part, j’attends toujours qu’on me prouve et me démontre (j’attends poliment et demande gentiment, hein…) qu’on peut avoir une alimentation vegane locale, durable, sans apports autres que l’alimentation (genre la b12) et auto suffisante/autoproduite.

    Et qu’on me dise, aussi, en quoi c’est de l’exploitation animale que d’avoir trois poules nées chez ma mère de poules réformées de batterie et récupérées, pour manger les oeufs.
    Il y a eu des poussins, nés et grandis en liberté (sauf la nuit, pour que le renard ne les mange pas), qu’on surveille, ferme le soir, alimente un peu pour l’amitié qui pondent des oeufs non fécondés qui vont pourrir si on ne les consomme pas. Quand je vois ce genre de situation, j’ai plutôt le sentiment d’être exploitée par mes poules que l’inverse… :p

    Les gens comme ça, qui clament qu’ils détiennent la Vérité, me font penser en effet à une secte ou une religion, dans le sens où ils estiment connaître la seule vraie parole et veulent convertir les autres à tout prix, souvent violemment…

    Le problème que j’ai souvent rencontré également, est que les vegans que j’ai pu croiser sont relativement coupés de la nature et de la « vie » en général. Comme tu l’évoques, mode de vie ultra connecté ou autres, mais surtout majoritairement citadins.
    Qui n’ont pas tellement côtoyé d’animaux hormis leur chat et éventuellement leur chien.
    Et la plupart se permettent de m’assener des vérités qu’ils ont lues ou vues sur le net, concernant des ressentis, comportement ou autres, d’animaux que je côtoie huit à dix heures par jour, que j’observe depuis près de vingt ans…
    Quand (j’en ai un spécimen, j’ai pas encore osé lui en parler directement, parce que je connais son tempérament bizarre) ce ne sont pas d’ardents véganes… Qui montent à cheval. Avec un mors en prime. Mais des illogiques, y’en a partout…

    Concernant la santé, etc, j’ai une amie, vegane, qui a de très gros problèmes de santé, notamment au niveau digestif. Perso, connaissant sa propension à bouffer n’importe quoi (les pommes de terre crues par exemple) et à faire des expériences gustatives incongrues, je pense plutôt que ses problèmes viennent de là… Même si j’ai l’impression qu’une alimentation végane demande plus de surveillance pour limiter les carences (c’est probablement faux en plus)…
    De même, mon Viking, jamais malade, qui aime la viande et la bière, n’arrivera jamais à me faire admettre que son « régime beauf » lui donne cette santé. Il aurait plus de chances de me convaincre avec l’argument « Normand surhomme » ! XD

    « j’ai toujours eu la faiblesse d’être quelqu’un à qui il faut parler gentiment, avec patience et sans dédain, pour avoir envie de m’intéresser et d’explorer le sujet par moi-même. »

    C’est exactement mon cas. C’est pour ça que, connement, en cas d’agression végane ou VG, j’ai tendance à forcer comme un bouc dans la direction opposée.
    J’aime pas qu’on m’agresse gratuitement alors que je ne demande qu’à apprendre.

    Enfin, pour conclure ce (trop) long commentaire : ma conception du veganisme a beaucoup évolué.
    Plus jeune je le voyais comme un extrémisme.
    En grandissant, j’ai pris du recul, me suis de plus en plus renseignée.
    Désormais, c’est pour moi un mode de vie et de pensée, malheureusement trop souvent présenté agressivement.
    Je ne sais pas si je « passerai du côté obscur » un jour, cependant je sais déjà que j’ai beaucoup évolué, notamment en raison de mon métier et de mon passé agricole.
    On peut me définir grossièrement comme flexitarienne, si j’ai bien compris le concept.

    Et si j’y réfléchis vraiment, je ne suis pas prête à virer vegane : j’aime trop le plaisir, celui de manger sans restrictions, et les autres. Plaisirs olfactifs, tactiles… J’aime le beau cuir, les fourrures et les peaux (celles que je tanne ou celles que j’ai à la maison), leur douceur, leur chaleur, leur odeur, par exemple… Sans parler de mon addiction à la tomme de Savoie… 😉

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s